En atterrissant à l’aéroport de Dakar par un vol Corsair vers 22h00 en cette veille de Noel, j’ai été complètement envahi par un sentiment de légèreté et d’excitation à l’idée de retrouver mes proches dans les instants qui allaient suivre. Mon sentiment devait être partagé par une majorité de passagers, car un tonnerre d’applaudissements a envahi l’aéronef suite à un atterrissage parfaitement exécuté par l’équipage.
Après que le bus nous ait déposés devant la salle de débarquement, ma joie jusque là incommensurable s’est vite dissipée, au vu de la file interminable du filtre de police. Il fallait reconnaitre qu’avec la pléthore de vacanciers occidentaux venus profiter de quelques rayons de soleil avant de retrouver un hiver long et rude, la noria de disciples mourides venus spécialement célébrer le Magal et ceux qui sont venus passer les fêtes de fin d’année parmi les leurs, l’aéroport grouillait de monde. Le petit nombre de fonctionnaires de police des frontières: à peu prés un dizaine contrastait avec la légion de passagers de 5 vols de longs courriers arrivés presque concomitamment, aussi fallait-il s’attendre à ce que le passage se fît au compte-gouttes, ce qui était décourageant pour quelqu’un qui avait hâte de retrouver sa famille.
J’ai dû attendre une bonne heure et demie pour enfin pouvoir faire face au fonctionnaire de police des frontières qui n’avait pas l’air très pressé, tant ses gestes frisaient la nonchalance. Je ne sais pas ce que son voisin de cabine lui a chuchoté à l’oreille, mais cela l’avait mis de bonne humeur. C’est donc avec un sourire jusqu’aux oreilles qu’il m’a demandé de mettre mon index gauche puis droit sur la machine avant de vérifier mon passeport et les informations que j’avais remplies sur le bordereau de carte de débarquement. Pendant ce temps je voyais le troisième voisin de cabine qui était ouvertement en train de draguer la jeune fille qui se tenait devant lui ; j’ai même pu comprendre qu’il lui demander de lui laisser son numéro de téléphone personnel. Je me suis alors dit : Ah! la déontologie qui faisait les grands fonctionnaires n’étouffe guère cet agent. Il aurait été mieux pour lui de faire son geste, fut-ce déplorable, avec beaucoup plus de discrétion.
La corvée de la police passée, je me suis dirigé vers la salle des bagages en espérant que j’allais vite récupérer mes valises, avec tout ce temps passé à la file d’attente, que nenni!, ce fut là aussi le début d’une longue et interminable attente dans une salle saturée de monde… Plus de Trois heures plus tard, j’ai aperçu enfin mes valises sur le tapis roulant ; il m’a fallu (depuis l’atterrissage) presque autant de temps pour effectuer le vol Paris-Dakar que pour finalement mettre la main sur mes bagages. Dès que mes valises ont touché le sol, j’ai été entouré par 5 à 8 personnes qui prétendaient travailler pour l’aéroport et qui me les ont littéralement arrachées des mains pour les déposer sur un charriot. A bout de force, j’ai laissé faire. Une fois dehors, j’ai été encerclé par des dizaines de « boudjou man » de tous genres qui essayaient de me vendre des cartes SIM ou voulaient me prêter leur téléphone pour appeler la personne venue m’accueillir ; d’autres cherchaient carrément à me pousser dans un taxi. Quel beau désordre!
Que ne fut mon soulagement! quand j’ai enfin aperçu le visage familier de mon ami venu me chercher en voiture… Une fois les valises dans le coffre, je lui ai demandé de me prêter quelques pièces à donner à ces braves messieurs qui m’ont aidé à porter mes affaires à la voiture avant de me rendre à ma destination finale ; mais ils m’ont carrément fait comprendre qu’ils préféraient les euros aux CFAs et que je devais d’ailleurs me montrer généreux car ils s’apprêtaient à se rendre au grand Magal de Touba. J’ai donc dû chercher mon porte monnaie pour me délester de mes dernières pièces en euros.
Ceci pose en tous cas deux problèmes sérieux au niveau de l’aéroport LSS Lire la suite...
Mamadou Sow